"Je dis souvent que la sociologie, c'est un sport de combat, c'est un instrument de self-défense. On s'en sert pour se défendre, essentiellement, et on n'a pas le droit de s'en servir pour faire des mauvais coups." - Pierre Bourdieu. Il y a les témoins du monde, ceux qui disent tout haut ce qu'on pense plus bas, ni gourous, ni maîtres, mais qui considèrent que la cité, le monde, peuvent être pensés. Le sociologue Pierre Bourdieu est de ceux-là. Pendant trois ans, la caméra de Pierre Carles l'a suivi dans des situations d'échanges différentes : partager quelques minutes d'entretien avec Günter Grass, assister à une conférence animée avec les habitants d'une banlieue ouvrière, suivre ses rapports avec ses étudiants, ses collaborateurs, plaidant pour une sociologie inscrite dans la cité. C'est une pensée qui se déploie comme familière, à côté de nous, et toujours abordable, celle d'un intellectuel français qui choisit de penser son temps.
Pour prolonger
Des œuvres d'autres domaines reliées à celle-ci
La Misère du mondeLivre, 2007Bourdieu y enquête sur la misère sociale avec des entretiens, comme le film suit sa sociologie de terrain.
Le métier de sociologueLivreMême auteur, même réflexion sur la pratique sociologique et ses méthodes, au cœur du film.
La distinctionLivre, 1979Autre grand livre de Bourdieu sur les mécanismes sociaux, les classements et les distinctions.
La mise en scène de la vie quotidienne, tome 1 : la présentation de soiLivre, 1973Goffman éclaire les interactions, les échanges et la présentation de soi, proches des scènes de dialogue du film.
Voyage de classesLivre, 2014Des étudiants y enquêtent sur les écarts sociaux entre banlieue et beaux quartiers, dans un esprit de terrain.
Pour la sociologieLivre, 2016Un essai de vulgarisation qui défend la sociologie face aux critiques, dans la continuité du film.
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