En automne 1776, alors qu'il débute l'écriture des Rêveries, Rousseau est un homme âgé, au seuil de la mort, presque démuni, reconnu à travers l'Europe, mais convaincu que l'humanité le rejette. Malgré cela, il persiste dans son écriture, considérant les Rêveries comme une continuation de ses Confessions. Toutefois, il ne cherche plus à relater sa vie ni à se justifier auprès des autres pour révéler sa véritable essence. Dans cette solitude propice à la réflexion, les souvenirs qui refont surface sont pour lui-même, tandis qu'il aspire à mieux se comprendre et à méditer sur les mécanismes de notre esprit. Ces réflexions prennent également la forme de flâneries où la rêverie devient une expansion de l'être, et où le lien avec la nature procure une joie authentique dans la pleine conscience d'exister. Ainsi, une nouvelle approche d'écriture émerge, offrant un parcours libre et sans contrainte, magnifiquement rendu par une prose souvent poétique. Les Rêveries que Rousseau nous laisse à sa mort à Ermenonville en juillet 1778 pourraient ne pas être destinées à nous, mais elles nous concernent assurément.
Pour prolonger
Des œuvres d'autres domaines reliées à celle-ci
Journal (1887-1910)Livre, 2002Journal d'un écrivain introspectif: mêmes notations brèves, même solitude, même observation de soi que chez Rousseau.
A la recherche du temps perdu, tome 1 : Du côté de chez SwannLivre, 1988Autobiographie de la mémoire et de l'introspection, avec le souvenir comme moteur d'écriture, proche des Rêveries.
Les ContemplationsLivre, 1998Recueil poétique né du deuil et de la méditation, où la nature sert aussi de refuge intérieur.
Minuit dans la ville des songesLivre, 2023Autobiographie de marcheur et de lecteur, traversée par la nature, l'errance et l'écriture de soi.
Tu imagines RobinsonFilm, 1967Un homme seul face aux éléments et à la folie: même dialogue entre nature, isolement et intériorité.
Du même auteur
Dis-nous ce que tu as aimé, on te recommande la suite.S'inscrire gratuitement