Affiche de Vies Minuscules Livre | 1996 | Pierre Michon

Vies Minuscules

Huit vies. Huit noms, à peine esquissés en titres de chapitres, déjà oubliés. Pierre Michon s'immerge dans les existences de ses ancêtres, banales, insignifiantes, fragmentaires : minuscules. Malgré, ou en raison, de la vacuité de ces vies, l'écrivain explore, le temps de l'écriture, ces espaces vides que les mauvaises herbes de l'ennui envahissent à nouveau dès que la plume se pose. Pas de larmoiement. Plutôt une certaine rigueur, mêlée à une émotion indescriptible. Plutôt empathique que compatissant, car Michon ne peut se soustraire à sa propre expérience. Pour exprimer la douloureuse insignifiance de ces destins, la langue, de manière étonnante, est éclatante, riche, le récit foisonnant, parsemé de références : une dérision ultime de l'auteur, un cri de révolte face à l'inefficacité du discours, inachevé, impuissant à retenir l'éphémère. Même si "les petites gens" ne sont pas "plus réelles que les autres", d’après l'exergue, elles recèlent pour Pierre Michon une vérité indéfectible et nourrissent, en plus de ce premier roman, la série de récits qui compose son oeuvre, incluant L'Empereur d'Occident et Maîtres et serviteurs...