Dans ce premier volume d'une trilogie autobiographique sur le sida, Hervé Guibert évoque sa vie depuis qu'il a contracté le virus, les avancées sournoises de la maladie, ainsi que l'espoir déchirant et les désillusions engendrés par les promesses de son ami Bill de lui offrir un traitement salvateur. Étonnamment, le véritable ami dans ce récit n'est pas Bill, mentionné dans le titre, mais Muzil, un philosophe célèbre et plus âgé, également homosexuel, qui succombe au sida, annonçant ainsi la fin imminente du narrateur. Bill assure à Guibert qu'il va lui procurer un traitement miraculeux en provenance des États-Unis. Tout comme je n'avais révélé à personne, sauf à quelques amis proches, que j'étais condamné, je n'ai pas non plus partagé, en dehors de ce cercle restreint, que j'allais survivre, devenant par une incroyable coïncidence l'un des premiers à échapper à cette maladie implacable. Le remède tant espéré n'existe pas, et Guibert se retrouve abandonné par Bill... Ce roman, au-delà d'un témoignage poignant sur le sida, l'amitié et la mort, se distingue par la puissance et la beauté de son écriture, imprégnée d'une violence contenue.
Pour prolonger
Des œuvres d'autres domaines reliées à celle-ci

Dallas Buyers ClubFilm, 2013Récit de sida et de lutte contre la maladie dans les années 80, avec une dimension autobiographique proche.
PhiladelphiaFilm, 1994Même sujet du sida et de la discrimination homosexuelle, mais déplacé vers le combat judiciaire.
Un certain Paul DarrigrandLivre, 2019Autre roman autobiographique gay sur le sida, centré sur désir, jeunesse et maladie.
QueerFilm, 2024Pour l'écriture queer et le désir homosexuel, avec un écrivain comme protagoniste.
La vie sans fondementLivre, 2025Autobiographie de la maladie, dans une veine intime et réflexive proche du témoignage.
Dis-nous ce que tu as aimé, on te recommande la suite.S'inscrire gratuitement