Durant de nombreuses années, nous évitons d'aborder à la maison notre longue période de déportation et les atrocités vécues dans les camps. Nous avons l'impression qu'il est impossible de partager avec quiconque cet enfer, ces souffrances incessantes, cette existence de bêtes maltraitées que nous avons endurée pendant près de deux ans. Nous sommes marqués à jamais. Les quelques occasions où nous tentons d'en parler, notre récit est accueilli avec scepticisme. Être mis en doute nous fait profondément souffrir. Pendant longtemps, nous avons choisi le silence.
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