Affiche de La Cerisaie Livre | 1988 | Anton Tchekhov

La Cerisaie

Peu de pièces ont été jouées autant que La Cerisaie, depuis sa première représentation en 1904. Elle a été soumise à des interprétations et des analyses souvent contradictoires. Considérée comme un testament (Tchekhov décède l'année de la sortie de l'œuvre), cette pièce marque une étape cruciale en fermant délicatement une porte sur un monde en déclin, tout en en ouvrant une autre, par laquelle s'infiltre, comme un intrus, le lever d'une nouvelle ère. S'agit-il d'un nouveau jour ou d'un crépuscule ? Tchekhov ne fait pas de choix. Il dépeint le moderne et l'ancien, le passé et l'avenir, avec des teintes indistinctes et changeantes. Les personnages semblent être des spectres, des silhouettes éthérées, des marionnettes aux fils rompus. Leurs conversations désordonnées et hésitantes laissent place à des moments de silence, un vide soudain dévoilé où résonnent d'étranges échos. Il est impossible de s'accrocher à quoi que ce soit ici. Même la mort apparaît incertaine, lorsque "la vie s'est écoulée, et on a l'impression qu'elle n'a jamais vraiment commencé". Dans cette suspension, la voix de Tchekhov, son murmure, continue de nous interpeller, avec une douce persistance.