« Dégénérée », « Prépare à manger, idiote ! », « Occupe-toi de ton enfant ! », « Tu n'es pas prête pour ce qui t'attend », « Regarde ta coiffure, on dirait un balai à toilettes », « Meurs, tu n'es pas belle... », « Tu mérites d'être égorgée… » « Le premier message a été reçu sur mon compte à 23h03. Je me suis dit que c'était probablement une erreur. À cet instant précis, je ne réalisais pas que je devenais le carrefour entre les plus anciennes pulsions humaines, telles que la peur, la haine, le meurtre et la cupidité, d’un côté, et la technologie la plus avancée de l’autre ». Un élément de notre société s’est fissuré. Ce n'est plus une simple malaise ni un affrontement entre le juste et l'injuste, le vrai et le faux, le bien et le mal, le tangible et le virtuel. Quelque chose de bien plus profond et enfoui a éclaté grâce aux réseaux sociaux : notre haine. Les messages violents, racistes, misogynes et homophobes se multiplient sur nos écrans. Et dans nos vies. Face à la question légitime, que faire ?, on désigne les objets, ce téléphone que l'on qualifie de smart, ces réseaux que l'on appelle sociaux. Mais si l'objet est incriminé, est-il vraiment la CAUSE ? Observer l'objet sans se regarder soi-même, c'est comme regarder le doigt sans voir la lune. « La folie, c'est de faire toujours la même chose et d'attendre un résultat différent », écrit Einstein. Sommes-nous prêts à changer notre manière de vivre ? Tania de Montaigne, romancière et essayiste, nous propose ici une analyse sans concession, mais aussi une réflexion, riche de talent, d’énergie et de suggestions. À la morbidité ambiante, Tania de Montaigne oppose une vitalité radicale.
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